En résumé
- 🎬 Sous le tapis
- 📺 France 4 à 20h
- 🧩 Comédie dramatique familiale où, après la mort soudaine du patriarche, sa femme décide de cacher son décès pour préserver l’apparence de la fête, révélant ainsi secrets, non-dits et vérités au sein de la famille, dans un mélange subtil d’humour et d’émotion.
Sous le tapis, Camille Japy, Ariane Ascaride, Bérénice Bejo et la douce étrangeté du cinéma français contemporain s’invitent ce soir sur France 4 pour une séance qui mêle humour, gravité et émotion brute. À 20h, la chaîne diffuse cette comédie dramatique de 2023, véritable pépite passée trop discrètement en salles mais dont l’héritage commence enfin à se révéler auprès du grand public. Avec son mélange irrésistible de burlesque et de drame, le film s’impose comme l’un des objets cinéphiles les plus singuliers des dernières années.
Sous le tapis : un film familial… qui commence par un choc absolu
Sous le tapis raconte l’histoire d’Odile et Jean, un couple vieillissant qui s’apprête à accueillir enfants et petits-enfants pour célébrer un anniversaire en famille. Rien que du très classique dans la grande tradition du cinéma français, jusqu’à ce que le mari, Jean, s’effondre subitement, mort. Et là, Camille Japy bascule dans l’incongru : Odile, incarnée par une Ariane Ascaride magistrale, décide de cacher le corps sous un tapis et de continuer la fête comme si de rien n’était.
Cette idée folle, presque cartoonesque, devient le moteur d’un récit où chaque membre de la famille révèle sa vérité, ses fragilités et ses silences. L’arrivée de Sylvie, la fille incarnée par Bérénice Bejo, du frère Lucas (Thomas Scimeca), des petits-enfants et du compagnon de Sylvie crée un ballet émotionnel installé sur une bombe à retardement. C’est là que le film se distingue : il ose ce mélange rare où l’absurde souligne l’intime, où le rire permet d’affronter ce qu’on n’ose pas dire.
Camille Japy et un premier long métrage audacieux, porté par un casting d’orfèvres
Camille Japy, connue jusque-là comme actrice, signe ici un premier long métrage d’une assurance étonnante. Le film prolonge les thèmes de son court métrage Petites filles : le deuil, les secrets, les lieux chargés de souvenirs et les relations familiales qui tiennent debout tant bien que mal. Mais Sous le tapis pousse ces sujets plus loin, avec une mise en scène qui jongle entre pudeur et énergie vitale.
Le casting n’y est pas pour rien. Ariane Ascaride livre l’un de ses rôles les plus intenses de ces dernières années, mêlant trouble, amour et déni avec une précision bouleversante. Bérénice Bejo apporte une sensibilité nerveuse qui donne au film son rythme émotionnel. Autour d’elles, Thomas Scimeca, Marilou Aussilloux, Stéphane Brel ou encore Zinedine Soualem composent une galerie de personnages juste assez cabossés pour que le spectateur s’y reconnaisse.
- Une performance d’ensemble qui rappelle les meilleurs drames familiaux français, façon “tout va mal, mais on reste ensemble”.
- Une musique inattendue signée Matthieu Chedid (M!), qui propulse le film dans une atmosphère vibrante et organique.
Pourquoi le film mérite votre soirée
Sous le tapis est de ces œuvres qui n’ont pas eu la visibilité qu’elles méritaient à leur sortie, mais qui trouvent une seconde vie grâce à la télévision. Ce soir, France 4 offre la possibilité de découvrir un film inclassable mais profondément humain, où chaque scène frappe juste. L’intrigue, qui aurait pu tomber dans le pur vaudeville, se révèle au contraire d’une finesse rare. Les émotions montent par strates, imperceptibles au début, puissantes à la fin.
Le film parle de famille comme peu de récents longs métrages osent le faire : sans chercher à forcer l’identification, mais en observant ce qui se joue dans les gestes, les regards, les maladresses. Le mensonge central – cacher un mort sous un tapis – sert d’étincelle pour dévoiler ce qui restait enfoui, parfois depuis des années. C’est une idée aussi brillante que dérangeante, presque psychanalytique, qui donne toute sa singularité à l’œuvre.
Une soirée parfaite pour les amateurs de comédies dramatiques françaises
Il y a dans Sous le tapis quelque chose qui rappelle le meilleur du cinéma familial hexagonal, celui qui explore avec sincérité les liens, les rancœurs et les non-dits, tout en gardant une distance pleine de tendresse. La mise en scène de Camille Japy navigue constamment entre le rire et la gravité, sans jamais trahir la vérité émotionnelle des personnages. Une alchimie rare, qui fait du film un petit objet précieux.
Ce soir, si vous recherchez un long métrage touchant, surprenant, un peu loufoque mais profondément humain, difficile de trouver mieux. Entre le casting remarquable, les thèmes universels et cette capacité à rire face à l’inacceptable, Sous le tapis offre une proposition de cinéma qui marque durablement. Parfait pour une soirée où l’on a envie de se laisser emporter par une histoire familiale pas comme les autres, mais dans laquelle chacun peut se retrouver. Une belle façon de redonner sa chance à un film qui n’avait pas encore trouvé tout son public.
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